Amendement n°627
Auteur
Nadège Abomangoli
Laurent Alexandre
Gabriel Amard
Ségolène Amiot
Farida Amrani
Rodrigo Arenas
Raphaël Arnault
Anaïs Belouassa-Cherifi
Shéhérazade Bentorki
Ugo Bernalicis
Christophe Bex
Carlos Martens Bilongo
Manuel Bompard
Idir Boumertit
Louis Boyard
Pierre-Yves Cadalen
Aymeric Caron
Sylvain Carrière
Gabrielle Cathala
Bérenger Cernon
Sophia Chikirou
Hadrien Clouet
Éric Coquerel
Jean-François Coulomme
Sébastien Delogu
Aly Diouara
Alma Dufour
Karen Erodi
Mathilde Feld
Emmanuel Fernandes
Sylvie Ferrer
Perceval Gaillard
Clémence Guetté
Zahia Hamdane
Mathilde Hignet
Andy Kerbrat
Bastien Lachaud
Abdelkader Lahmar
Maxime Laisney
Aurélien Le Coq
Arnaud Le Gall
Élise Leboucher
Jérôme Legavre
Sarah Legrain
Claire Lejeune
Murielle Lepvraud
Antoine Léaument
Élisa Martin
Damien Maudet
Marianne Maximi
Marie Mesmeur
Manon Meunier
Jean-Philippe Nilor
Sandrine Nosbé
Danièle Obono
Nathalie Oziol
Mathilde Panot
René Pilato
François Piquemal
Thomas Portes
Loïc Prud'homme
Jean-Hugues Ratenon
Arnaud Saint-Martin
Aurélien Saintoul
Ersilia Soudais
Anne Stambach-Terrenoir
Aurélien Taché
Matthias Tavel
Aurélie Trouvé
Paul VannierExposé des motifs
Par cet amendement, les député.es de la France insoumise souhaitent abroger l'article "permis de tuer" introduite par la loi du 28 février 2017 relative à la sécurité publique dite "loi Cazeneuve". Énième aggravation pénale aveugle, l'article 3 de ce projet de loi crée notamment une nouvelle peine automatique en cas de condamnation pour refus d'obtempérer : la confiscation obligatoire du véhicule dont la personne s'est servi pour commettre l'infraction, sans limite de temps. Une disposition qui s'oppose au principe d'individualisation des peines, purement punitive et socialement stigmatisante. Aucune réflexion n'est développée sur les relations entre la police et la population, leurs méthodes d’intervention conduisant à des drames évitables. Notre approche est différente : Nous considérons que les refus d’obtempérer (délit dont la constation a chuté de 10% par rapport à 2023) sont globalement une conséquence logique de la dégradation des rapports entre police et citoyens, notamment des jeunes des quartiers populaires. Elle est le fruit d’une doctrine du maintien de l’ordre de plus en plus répressive et tournée vers le contact, et de pratiques policières de plus en plus violentes, et notamment racistes, dont la jeunesse populaire fait les frais. Ainsi, l'augmentation des tirs mortels des forces de l’ordre sur des véhicules en mouvement n’est pas un phénomène fortuit. Ce permis de tuer, accordé pour un simple refus d’obtempérer, trouve son fondement dans l’article L. 435‑1 du CSI créé par la loi Cazeneuve. Il prévoit que les forces de l’ordre peuvent faire usage de leur arme en cas de refus d’obtempérer "en cas de risque pour la vie ou l’intégrité physique des forces de l’ordre ou d’autrui" mais, dans les faits, dans des situations dépassant largement le cadre strict du droit commun de la légitime défense. Or dans de nombreux cas, y compris dans l’affaire du jeune Nahel, tué à bout portant à l'été 2023 par un tir policier dans le cadre d'un refus d'obtempérer, aucune vie n’était en danger. Pour rappel, selon le dernier rapport de l’IGPN, sur les 22 personnes mortes suite à un tir policier en 2022, 13 l’ont été dans le cadre d’un « refus d’obtempérer » (on n'en comptait “que” 4 en 2021). A titre de comparaison, on décompte en Allemagne un tir mortel pour refus d’obtempérer en 10 ans. Réprimer davantage le délit de refus d’obtempérer ne pourra conduire qu’à de nouveaux drames. Nous demandons à en revenir sur les causes, ce qui passera nécessairement par l'abrogation du "permis de tuer" qui n'a fait que contribuer à dégrader les relations entre la police et la population.
Dispositif de l'amendement
L’article L. 435‑1 du code de la sécurité intérieure est abrogé.
