Amendement n°45
Auteur
Nadège Abomangoli
Laurent Alexandre
Gabriel Amard
Ségolène Amiot
Farida Amrani
Rodrigo Arenas
Raphaël Arnault
Anaïs Belouassa-Cherifi
Shéhérazade Bentorki
Ugo Bernalicis
Christophe Bex
Carlos Martens Bilongo
Manuel Bompard
Idir Boumertit
Louis Boyard
Pierre-Yves Cadalen
Aymeric Caron
Sylvain Carrière
Gabrielle Cathala
Bérenger Cernon
Sophia Chikirou
Hadrien Clouet
Éric Coquerel
Jean-François Coulomme
Sébastien Delogu
Aly Diouara
Alma Dufour
Karen Erodi
Mathilde Feld
Emmanuel Fernandes
Sylvie Ferrer
Perceval Gaillard
Clémence Guetté
Zahia Hamdane
Mathilde Hignet
Andy Kerbrat
Bastien Lachaud
Abdelkader Lahmar
Maxime Laisney
Aurélien Le Coq
Arnaud Le Gall
Élise Leboucher
Jérôme Legavre
Sarah Legrain
Claire Lejeune
Murielle Lepvraud
Antoine Léaument
Élisa Martin
Damien Maudet
Marianne Maximi
Marie Mesmeur
Manon Meunier
Jean-Philippe Nilor
Danièle Obono
Nathalie Oziol
Mathilde Panot
René Pilato
François Piquemal
Thomas Portes
Loïc Prud'homme
Jean-Hugues Ratenon
Arnaud Saint-Martin
Aurélien Saintoul
Ersilia Soudais
Anne Stambach-Terrenoir
Aurélien Taché
Andrée Taurinya
Matthias Tavel
Aurélie Trouvé
Paul VannierExposé des motifs
Par cet amendement, le groupe LFI souhaite repousser l’entrée en vigueur de cette proposition de loi cinq ans après sa promulgation. Ce texte prétend lutter contre les occupations sans droit ni titre. Pourtant, parmi les premières victimes de ce texte figurent des personnes qui sont elles-mêmes victimes d'exploitation et de fraude : les locataires de marchands de sommeil. Dans de nombreux territoires, notamment dans les zones où la crise du logement est la plus aiguë, des milliers de personnes occupent des logements dans des situations administratives irrégulières qui ne résultent pas de leur volonté mais des pratiques de propriétaires peu scrupuleux. Sous-locations illégales, divisions abusives de logements, caves transformées en habitation, locaux impropres à l'habitation loués à prix d'or, absence de bail écrit, refus de délivrer des quittances ou des attestations d'occupation : ces situations constituent le quotidien de nombreux ménages précaires. Les marchands de sommeil prospèrent précisément parce que la pénurie de logements accessibles contraint des familles à accepter des conditions d'occupation dégradées pour éviter la rue. Or, cette PPL plutôt que défendre justement ces familles précaires, exige la production de documents dont les victimes de ces pratiques sont souvent incapables de disposer. Le propriétaire qui loue illégalement une chambre insalubre n'a évidemment aucun intérêt à fournir une attestation d'occupation. Celui qui sous-loue frauduleusement un logement ne remet généralement aucun document officiel. Les victimes de réseaux d'exploitation locative deviendront encore plus dépendants des marchands de sommeil. Car lorsqu'un occupant ne pourra plus souscrire lui-même un contrat d'électricité ou de gaz, il sera contraint de passer par l'intermédiaire du propriétaire ou du sous-loueur qui l'exploite déjà. Ainsi, cette PPL risque d'accroître les rapports de dépendance et de domination existants. Mais finalement, cela est assez révélateur du choix effectué par les alliés de Marine le Pen pour leur niche. À aucun moment il n'est question de renforcer les contrôles contre les propriétaires délinquants. À aucun moment il n'est question de faciliter les signalements d'habitat insalubre. À aucun moment il n'est question d'accroître les moyens des collectivités ou de la justice pour poursuivre les marchands de sommeil. A l’inverse d’une politique de malheur, toutes ses mesures, nous les ferons !
Dispositif de l'amendement
Substituer au mot : « six » le mot : « soixante ».
