Amendement n°I-1578
Auteur
Laurent Alexandre
Gabriel Amard
Ségolène Amiot
Farida Amrani
Rodrigo Arenas
Raphaël Arnault
Anaïs Belouassa-Cherifi
Ugo Bernalicis
Christophe Bex
Carlos Martens Bilongo
Manuel Bompard
Idir Boumertit
Louis Boyard
Pierre-Yves Cadalen
Aymeric Caron
Sylvain Carrière
Gabrielle Cathala
Bérenger Cernon
Sophia Chikirou
Hadrien Clouet
Éric Coquerel
Jean-François Coulomme
Sébastien Delogu
Aly Diouara
Alma Dufour
Karen Erodi
Mathilde Feld
Emmanuel Fernandes
Sylvie Ferrer
Perceval Gaillard
Clémence Guetté
Réf. PA794478
Zahia Hamdane
Mathilde Hignet
Andy Kerbrat
Bastien Lachaud
Abdelkader Lahmar
Maxime Laisney
Aurélien Le Coq
Arnaud Le Gall
Élise Leboucher
Jérôme Legavre
Sarah Legrain
Claire Lejeune
Murielle Lepvraud
Antoine Léaument
Élisa Martin
Damien Maudet
Marianne Maximi
Marie Mesmeur
Manon Meunier
Jean-Philippe Nilor
Sandrine Nosbé
Danièle Obono
Nathalie Oziol
Mathilde Panot
René Pilato
François Piquemal
Thomas Portes
Loïc Prud'homme
Jean-Hugues Ratenon
Arnaud Saint-Martin
Aurélien Saintoul
Ersilia Soudais
Anne Stambach-Terrenoir
Aurélien Taché
Andrée Taurinya
Matthias Tavel
Aurélie Trouvé
Paul VannierExposé des motifs
Par cet amendement de repli, le groupe parlementaire LFI propose d’élargir l’assiette de la taxe sur les transactions financières (TTF) pour y inclure les opérations intra journalières, c’est-à-dire les transactions d’actions achetées et revendues le même jour. Aujourd’hui, les transactions intra-journalières (intraday) constituent la majorité des échanges sur les marchés financiers. Ce « trading à haute fréquence » représentent en effet près de 2/3 des transactions selon l’Autorité des marchés financiers (AMF). Ainsi, en ne les taxant pas, on exonère d’imposition l’essentiel des échanges financiers, et parmi les plus nuisibles. En effet, le trading à haute fréquence n’a pas d’autre fonction que la spéculation de très, très court terme. Les centaines de milliers d’opérations réalisées, avec une vitesse moyenne à 0,113 milliseconde, n’ont aucun lien avec la production réelle. Ces techniques boursières répondent exclusivement à des impératifs de rentabilité des acteurs financiers, exigeant des rendements toujours plus élevés. Qu’il s’agisse des précédents président de l’AMF, ou des économistes s’étant penchés sur la question, aucun n’est en mesure de démontrer un quelconque avantage du trading à haute fréquence pour l’économie. Le seul intérêt est d’engranger des millions de gains infinitésimaux et automatisés chaque jour pour les fonds financiers qui y ont recours. Cette spéculation, qui est hors de contrôle des autorités de régulation et fonctionne de manière opaque par l’intermédiaire d’algorithmes, est de nature à favoriser l’instabilité boursière (qui n’en avait pourtant pas besoin !). Ainsi, en 2010, en pleine crise de la dette grecque, les pratiques de trading hautes fréquences ont conduit – à la suite de comportements irrationnels des algorithmes informatiques - à un effondrement de Wall Street, mettant en péril l’économie américaine. Les effets de bord négatifs portent également sur le travail : quel regret de voir de jeunes ingénieurs solidement formés en mathématiques devenir « quant » à la Défense plutôt que de participer à l’émergence d’un pôle public français de l’intelligence artificielle, permettant de mettre cette dernière au service de toutes et tous ! Purement spéculatif, aggravant l’instabilité financière et ne participant aucunement au financement de l’économie réelle, aucun argument sérieux ne permet aujourd’hui de justifier l’exclusion de ces pratiques de trading haute fréquence de l’assiette d’imposition. Grâce à cet élargissement d’assiette et à l’augmentation du taux d’imposition, le rendement de la TTF pourrait atteindre près de 9.3 milliards d’euros selon un chiffrage de l’Institut Montaigne, soit 80 % du budget de la Justice en 2025 ! Dans un moment où la macronie est prête à saccager ce qui reste de nos services publics au nom de la réduction du déficit, le monde de la finance n’est toujours pas mis à contribution. Mettons un terme à cette situation inacceptable. Ces raisons nous poussent donc – à travers cet amendement – à proposer d’élargir la fiscalité sur l’ensemble des transactions financières, en particulier les plus spéculatives effectuées dans le cadre du trading haute fréquence.
Dispositif de l'amendement
À la première phrase du premier alinéa du I de l’article 235 ter ZD du code général des impôts, après la dernière occurrence du mot : « code », sont insérés les mots : « et, à défaut, dès qu’il y a comptabilisation du titre sur le compte-titre de l’acquéreur ».
