Amendement n°II-3224
Auteur
Nadège Abomangoli
Laurent Alexandre
Gabriel Amard
Ségolène Amiot
Rodrigo Arenas
Raphaël Arnault
Anaïs Belouassa-Cherifi
Ugo Bernalicis
Christophe Bex
Carlos Martens Bilongo
Manuel Bompard
Idir Boumertit
Louis Boyard
Pierre-Yves Cadalen
Aymeric Caron
Sylvain Carrière
Gabrielle Cathala
Bérenger Cernon
Sophia Chikirou
Hadrien Clouet
Éric Coquerel
Jean-François Coulomme
Sébastien Delogu
Aly Diouara
Alma Dufour
Karen Erodi
Mathilde Feld
Emmanuel Fernandes
Sylvie Ferrer
Perceval Gaillard
Clémence Guetté
Réf. PA794478
Zahia Hamdane
Mathilde Hignet
Andy Kerbrat
Bastien Lachaud
Abdelkader Lahmar
Maxime Laisney
Aurélien Le Coq
Arnaud Le Gall
Élise Leboucher
Jérôme Legavre
Sarah Legrain
Claire Lejeune
Murielle Lepvraud
Antoine Léaument
Élisa Martin
Damien Maudet
Marianne Maximi
Marie Mesmeur
Manon Meunier
Jean-Philippe Nilor
Sandrine Nosbé
Danièle Obono
Nathalie Oziol
Mathilde Panot
René Pilato
François Piquemal
Thomas Portes
Loïc Prud'homme
Jean-Hugues Ratenon
Arnaud Saint-Martin
Aurélien Saintoul
Ersilia Soudais
Anne Stambach-Terrenoir
Aurélien Taché
Andrée Taurinya
Matthias Tavel
Aurélie Trouvé
Paul VannierExposé des motifs
Par cet amendement d'appel, nous tenons à dénoncer le système actuel des aides à la presse qui ne garantit aucunement le pluralisme indispensable au fonctionnement de notre démocratie. Dans ce PLF pour 2025, et comme pour les précédents, les aides à la presse constituent une part très conséquente de la mission Médias, livre et industries culturelles : 193,8M cette année contre 195,8M l’an dernier seront consacrés aux aides publiques à la presse, soit une baisse de près de 1% en CP. Cette légère baisse fait suite à celle de -0,36% de l’an dernier par rapport à 2023. Ces aides sont « presque intégralement ciblées sur la presse dite IPG » c’est-à-dire ciblées sur les quotidiens et magazines dites IPG (pour information politique générale). Or, cette appellation n’est absolument pas un gage de pluralisme tant elle recouvre une réalité large. Ces publications sont notamment regroupées au sein de l’Association de la presse IPG (AIPG devenue APIG en 2018), un syndicat patronal qui compte parmi ses membres les plus grands groupes (Nouvel obs, les Echos, le Monde, groupe Lagardère…). D’ailleurs, un coup d’œil sur les données relatives aux aides à la presse versées en 2023 nous montre l’ampleur du problème : Le groupe Le Monde se taille la part du lion avec 18,99 millions d'euros reçus, tandis que les titres appartenant à LVMH arrivent en deuxième position. Par contraste, le soutien aux médias de proximité (action 05), non professionnels et pour beaucoup citoyens n’est toujours pas revalorisé : La dotation du fonds de soutien aux médias d’information sociale de proximité inscrite au PLF 2025 (1,8 M€) est stable par rapport à la LFI 2024, mais aussi par rapport aux 3 années précédentes. En d’autres termes, elle baisse. Il s'agit d'une aberration évidente, d'autant plus que les mouvements de concentration des médias ne font qu'accélérer ces dernières années. Le plus célèbre nom est celui de Vincent Bolloré, qui détient le groupe Canal+ (avec C8, CNews et CStar), via Vivendi. Mais les riches patrons se multiplient en réalité derrière chaque grand groupe de presse : Bernard Arnault (qui a d'ailleurs racheté Paris Match au précédent en octobre 2024), famille Dassault, Xavier Niel, etc... Les médias semblent être le nouveau passe-temps des ultra-riches. Les associations les plus reconnues du secteur (Acrimed, Reporters sans frontières...) et des syndicats mettent en garde. Ce phénomène menace tant l'équilibre économique du secteur, que la crédibilité de l'information, en somme, le pluralisme. Les données relatives aux aides à la presse versées entre 2021 et 2022 (publiées en septembre 2023) nous rappellent que ce phénomène ne date pas de cette année, loin de là. Elles montrent que les médias détenus par Bernard Arnault (Aujourd’hui en France, Le Parisien, Les Échos) sont les plus gâtés et reçoivent plus de 164,1 millions d'euros en « aides individuelles » en 2022. Ceux détenus par Xavier Niel (en particulier Le Monde), raflent près de 10,4 millions d'euros. Tout juste derrière, Le Figaro (groupe Dassault) touche 5,8 millions d'euros d’aides. Le groupe Altice (Patrick Drahi) touche 5,6 millions d'euros pour les seuls deux titres Libération et L’Express. Et la liste continue : Lagardère (Paris Match et le JDD ; 2,2 millions d'euros), Kretinsky (Marianne ; 600 000 euros) et Pinault (Le Point ; 200 000 euros). Le bilan est désolant, sept milliardaires concentrent non seulement les grandes franchises médiatiques, mais également une énorme portion des aides directes à la presse, soit 189 millions d'euros cette année là. Il est urgent de réviser le système des aides à la presse afin qu'il permette le maintien et la création de titres indépendants. Elles doivent en outre être conditionnées à des mesures d'interdiction de la concentration des titres de presse entre les mains de quelques grands groupes ou milliardaires et la garantie de l'indépendance des rédactions vis-à-vis de ses actionnaires. A cette fin, nous proposons la création d'un nouveau prog…
Dispositif de l'amendement
Par cet amendement d'appel, nous tenons à dénoncer le système actuel des aides à la presse qui ne garantit aucunement le pluralisme indispensable au fonctionnement de notre démocratie. Dans ce PLF pour 2025, et comme pour les précédents, les aides à la presse constituent une part très conséquente de la mission Médias, livre et industries culturelles : 193,8M cette année contre 195,8M l’an dernier seront consacrés aux aides publiques à la presse, soit une baisse de près de 1% en CP. Cette légère baisse fait suite à celle de -0,36% de l’an dernier par rapport à 2023. Ces aides sont « presque intégralement ciblées sur la presse dite IPG » c’est-à-dire ciblées sur les quotidiens et magazines dites IPG (pour information politique générale). Or, cette appellation n’est absolument pas un gage de pluralisme tant elle recouvre une réalité large. Ces publications sont notamment regroupées au sein de l’Association de la presse IPG (AIPG devenue APIG en 2018), un syndicat patronal qui compte parmi ses membres les plus grands groupes (Nouvel obs, les Echos, le Monde, groupe Lagardère…). D’ailleurs, un coup d’œil sur les données relatives aux aides à la presse versées en 2023 nous montre l’ampleur du problème : Le groupe Le Monde se taille la part du lion avec 18,99 millions d'euros reçus, tandis que les titres appartenant à LVMH arrivent en deuxième position. Par contraste, le soutien aux médias de proximité (action 05), non professionnels et pour beaucoup citoyens n’est toujours pas reva…
